Le ministre espagnol des affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, est attendu jeuarrivé jeudi soir à Port-au-Prince. Le ministre a rencontré les autorités haïtiennes dont le Président René Préval, et décernera des distinctions au contingent espagnol de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH). Outre le chef de l’Etat haïtien, le dirigeant espagnol rencontrera le Premier ministre démissionnaire Jacques-Edouard Alexis, les présidents du Sénat, Kelly Bastien et de la Chambre des Députés, Pierre Eric Jean-Jacques de même que le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, Hédi Annabi. Il est aussi prévu un tête-à-tête avec le Secrétaire général de l’OEA, José Miguel Insulza, également en visite à Port-au-Prince. Dans un entretien téléphonique à EFE, l’ambassadeur espagnol en Haïti, Juan Fernàndez Trigo, a indiqué qu’en dépit des graves troubles sociaux que des protestations contre la faim ont récemment provoqués dans le pays, Miguel Angel Moratinos a décidé de "maintenir sa visite à Port-au-Prince avec encore plus de motivation". Le diplomate souligne l’intérêt du chancelier à "démontrer l’appui de l’Espagne à Haïti". Dans la foulée, il a précisé que les fonds destinés à des projets de la coopération espagnole en Haïti se chiffrent à environ 25 millions de dollars et se sont multipliés par 30 depuis 2003. Pour M. Trigo, cela prouve "la volonté de Madrid de faire profiter Haïti de la coopération comme le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental". 40% de l’aide est consacrée à des projets éducatifs en raison de leurs effets multiplicateurs. "Il y a une volonté d’être aux côtés du peuple haïtien dans ces moments difficiles", a expliqué Juan Fernàndez Trigo qui a ajouté que le ministre Moratinos profitera de son passage à Port-au-Prince pour renouveler son soutien au contingent espagnol de la Police des Nations Unies (UNPOL), l’une des composantes de la MINUSTAH. Ainsi, plusieurs des 50 policiers et agents de la garde civile déployés sur le terrain seront décorés parce qu’au cours de leur mission ils ont "mis en danger leur sécurité et leur intégrité". Après Haïti, le chancelier espagnol poursuivra sa tournée régionale en se rendant successivement au Pérou, en Argentine et au Brésil.
Une conférence de presse est prévue pour le Vendredi Midi 15 à la ‘ambassade d’espagne à Port-au-Prince,
Le congressman Jesse Jackson arrivera en Haïti dimanche. Le reverend Jesse Jackson sera à la tête d’une délégation qui vient s’informer sur place des conséquences sur la population haïtienne de la crise alimentaire qui sévit actuellement. Jesse Jackson restera jusqu’à mercredi 30 avril en Haïti.
Les 42 membres du Black Caucus du Congrès des Etats-Unis (CBC) ont appelé jeudi le Président George W. Bush à fournir une assistance immédiate plus substantielle à Haïti en situation de crise alimentaire et à entreprendre des actions décisives notamment en faveur de l’effacement de la dette extérieure du pays, rapporte la presse américaine. A l’initiative d’Alcee Hastings, Représentant de Miramar (Floride), les congressmen ont adressé au locataire de la Maison Blanche une lettre ouverte dans laquelle ils expriment leurs préoccupations face à l’instabilité économique et politique dont souffre Haïti. Ils en ont profité pour solliciter une rencontre avec le Président qui sera consacrée à ce dossier brûlant. Les pétionnaires ont également souhaité l’intervention de Bush en faveur de l’annulation immédiate de la dette du pays et de l’extension du statut temporaire protégé (TPS) au bénéfice des ressortissants haïtiens vivant en situation irrégulière aux Etats-Unis et menacés de déportation. "Haïti souffre d’une extrême pauvreté, de la destruction de son environnement, de l’ínstabilité politique et maintenant d’une crise alimentaire en raison des prix élevés des produits provoquant des protestations civiles", écrivent les parlementaires noirs américains en s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles Haïti n’a pas bénéficié de la compassion et de la générosité des Etats-Unis au moment où elle est confrontée à une crise humanitaire. La semaine dernière, la Chambre des Représentants (Députés) avait approuvé à l’unanimité une résolution demandant à l’administration Bush d’effacer les 48,7 millions de dette d’Haïti envers les Etats-Unis et de s’impliquer totalement dans la recherche de l’annulation de la dette globale du pays estimée à environ 1,5 milliard de dollars.
Le Secrétaire général de l’ONU a écrit à plus d’une douzaine d’États membres clés pour leur demander de contribuer de façon urgente afin de faire face à la situation qui prévaut actuellement en Haïti, où la rapide détérioration des conditions socio-économiques a provoqué d’importantes tensions et des émeutes, informe un communiqué daté du 24 avril du Service de presse des Nations Unies. « Le Secrétaire général pense qu’Haïti fait des progrès considérables vers la stabilité politique, économique et sociale, qui est cruciale si on veut éviter un recul qui ferait disparaître les gains accumulés au cours des quatre dernières années ». Ban Ki-moon a relevé l’impact significatif de l’augmentation du prix de certaines denrées alimentaires sur la population haïtienne qui s’est exprimée lors de violentes manifestations au début de mois. « Le système des Nations Unies fera tout son possible pour aider Haïti, mais il faut une aide urgente de la part des donateurs pour réaliser de vrais progrès », selon le communiqué dans lequel sont sollicités des fonds et des contributions en nature pour répondre aux besoins urgents et permettre aux programmes en cours en Haïti de continuer.
De nombreuses personnalités internationales se rendent ces jours-ci en Haïti confronté à une double crise, alimentaire et politique, après la destitution du Premier ministre il y a presque deux semaines suite à de violentes émeutes de la faim. La série des visites officielles a commencé dimanche 20 avril avec l’arrivée du Maire de Montréal, Mr Gérald Tremblay. Lundi c’était la venue à Port-au-Prince pour 48 heures du secrétaire d'état français à la Coopération Alain Joyandet. Puis jeudi aveccela a été l'arrivée dans la capitale haïtienne d'une importante délégation internationale dirigée par le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains, Miguel Insulza. Vendredi, le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos est arrivé dans la capitale haïtienne. Il précède le révérend américain Jessie Jackson qui doit arriver samedi.
Ces visites illustrent "la préoccupation" de la communauté internationale, avait souligné mercredi M. Joyandet. La hausse du prix des produits alimentaires de base dans un pays qui dépend largement de l'importation pour son alimentation avait poussé des milliers de personnes dans les rues de plusieurs villes haïtiennes. La Banque mondiale, la FAO mais aussi des pays commes les Etats-Unis, la France et le Brésil ont déjà annonçé une augmentation de leur aide à Haïti. Cependant, de nouvelles menaces d'émeutes circulent à Port-au-Prince où les prix des denrées alimentaires continuent de grimper en dépit de mesures annoncées par le président René Préval. La misère est criante. Plus de la moitié des 8,5 millions d'Haïtiens est sans emploi. Le secrétaire d'état français s'est dit "personnellement choqué" de voir les conditions dans lesquelles vivaient la plupart des habitants, dont plus de 70% disposent de moins de deux dollars par jour. La crise alimentaire et les émeutes ont conduit à la déstabilisation politique du pays qui tente de sortir difficilement de longues années de violents troubles politiques. Une semaine après le début des émeutes, le Sénat haïtien a destitué le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis, accusé de laxisme par ses adversaires. Mais près de deux semaines plus tard, le président Préval, qui consulte quotidiennement, n'a toujours pas nommé de nouveau chef du gouvernement, provoquant un vide qui "inquiète" la communauté internationale, a commenté Alain Joyandet. Un groupe de 16 sénateurs a donné jusqu'à vendredi au chef de l'Etat pour désigner un nouveau Premier ministre. "Les signes d'impatience de la population pourraient se transformer en nouvelles manifestations", ont-ils prévenu. C'est pourquoi le chef de la mission de l'ONU en Haïti Hédi Annabi parle de calme précaire dans le pays, souhaitant la nomination "au plus vite" d'un nouveau gouvernement. Jeudi, le secrétaire général de l'OEA José Miguel Insulza est arrivé à la tête d'une importante délégation. L'Argentine, le Brésil, le Canada, le Mexique, les États-Unis, l'Union Européenne et le secrétaire général de Nations unies y sont représentés. "Le but de la visite est de transmettre aux Haïtiens et au gouvernement le soutien de l'OEA, du Groupe des amis d'Haïti et des organisations internationales, suite aux récents événements causés par la flambée des prix des aliments", précise un communiqué de l'OEA. Vendredi, la délégation internationale doit rencontre le président Préval, élu en février 2006 et qui fait face à sa première grave crise politique.