Il s’agit du rapport élaboré par la mission d’observation OEACARICOM mandatée pour la surveillance des élections du début à la fin des opérations électorales. Le rapport a été remis au gouvernement haïtien Et le public attend. Mais d’ores et déjà les experts en question électorale ont fait savoir que ce rapport ne contient que leurs recommandations aux autorités haïtiennes. Il ne s’agit pas de dictat. Le Gouvernement est libre ou pas de suivre ces recommandations. Mais les esprits sont tellement tendus depuis la publication des résultats du deuxième tour, éliminant un nombre de 19 parlementaires 18 députés et un sénateur, alors qu’ils occupaient les premières places, que toutes sortes d’hostilités ont été déclenchées par les partisans de ces candidats, se soldant par des morts, des véhicules incendiés ou ayant été l’objet de bris de vitres. On espère que la publication du rapport ne sera pas l’occasion de nouvelles violences, surtout que la police semble impuissante à intervenir pour limiter la casse. Surtout aussi que les débats une fois causés, les responsables ne sont pas le moins du monde inquiété. Aucune arrestation en effet n’a suivi les incidents devant le parlement ou ceux qui se sont déroulés à Maïssade, pour ne citer que ces quelques points vulnérables.
Une mission d'experts électoraux internationaux a recommandé jeudi aux autorités haïtiennes d'annuler la victoire lors des législatives de 19 candidats proches du parti au pouvoir, a indiqué une source diplomatique à l'AFP.
Sous couvert d'anonymat, une source diplomatique a révélé à l'AFP que le rapport de la mission d'experts de l'Organisation des Etats américains (OEA) et des pays du Marché commun de la Caraïbe (Caricom) suggérait au Conseil électoral provisoire (CEP) d'annuler l'élection de 19 candidats soupçonnés d'avoir bénéficié de fraudes électorales.
Dans 19 circonscriptions, les résultats ont été changés entre l'annonce des résultats préliminaires et la publication des résultats finaux, à chaque fois en faveur des candidats proches du président sortant René Préval et de son parti, Inité.
Le rapport propose de s'en tenir aux résultats préliminaires dans ces 19 circonscriptions.
"Nous avons remis le rapport ce matin au Premier ministre Jean-Max Bellerive qui le remettra au Conseil électoral provisoire", a indiqué jeudi à l'AFP Colin Granderson, chef de la mission, en refusant de révéler le contenu du rapport. "Ce sera aux autorités haïtiennes d'en parler", a-t-il déclaré.
Selon une source parlementaire, le Conseil électoral ne serait pas enclin à suivre les conclusions du rapport OEACARICOM et souhaiterait s'en tenir aux décisions qu'il a prises entre la diffusion des résultats préliminaires et finaux, favorables à Inité.
Le président élu n'a pas accepté les résultats du deuxième tour, concernant 19 candidats ( 18 députés et 1 sénateur) Il avait demandé l'envoi d'une mission internationale pour une observation plus poussée. Le président élu aurait également souhaité que la justice haïtienne enquête sur les allégations de pots-de-vin qui auraient été versés à des membres du CEP pour favoriser la victoire des candidats du pouvoir. Une conseillère électorale a démissionné lundi en dénonçant des changements apportés aux résultats préliminaires par le tribunal électoral favorisant des candidats du parti du pouvoir.
Mr Jean Max Bellerive a remis le rapport de la Commission OEA-CARICOM révélant les observations et les conclusions des membres sur les changements drastiques apportés aux résultats des élections, 2ème tour dans le cas particulier de 17 députés et 2 sénateurs. En effet ces candidats qui étaient en position arrière lors de la publication des résultats préliminaires, s’étaient vus propulser à la première place lors des résultats définitifs sans aucune explication logique. Ce rapport recommande au CEP l’annulation pure et simple de ces résultats définitifs, pour ces 19 candidats et que l’on se tienne aux résultats préliminaires.
Les candidats concernés dont le rapport demande l’éviction semblent décidés eux à ne pas se laisser faire. A noter que le sénateur Kelly C. Bastien, membre influent de la plateforme, conseille au CEP de mettre en application le rapport de la Mission d’Observation Electorale (MOE), tandis que le député Levaillant Louis-Jeune également membre de INITE menace de partir si le président sortant René Préval se plie aux recommandations de la communauté internationale. Jusqu’à présent aucune réaction du côté de l’Exécutif.