Rép. Dom.-Haïti : Accélération des rapatriements à l’approche de la fin du Pnre
Ouanaminthe, 08 mai 2015 [AlterPresse] --- Une nette augmentation des cas de rapatriements de ressortissants haïtiens, sur la frontière de Ouanaminthe (commune du département du Nord-Est) par les autorités migratoires de la République Dominicaine, a été constatée au cours des quatre premiers mois de l’année 2015, selon un rapport de l’organisation de défense des droits humains, Service jésuite aux migrants/Solidarite fwontalye (Sjm/Sfw).
Le Sjm/Sfw a répertorié 6680 migrants haïtiens, dont 1983 femmes et 1420 enfants rapatriés sur la frontière de Ouanaminthe, au cours de cette période.
Pour toute l’année de 2014, l’organisation avait enregistré 5569 rapatriements dans cette zone, ce qui fait une augmentation en 4 mois de 1111 cas.
Durant le seul mois d’avril 2015, le Sjm/Sfw a relevé 3561 cas. Un chiffre qui dépasse de moitié le nombre de rapatriements pour les quatre premiers mois de l’année.
Les responsables de l’immigration dominicaine auraient profité des deux jours (lundi et vendredi) du marché binational à Dajabón pour rapatrier les sans papiers haïtiens sur la frontière afin de tromper la vigilance des autorités haïtiennes.
Ils auraient aussi utilisé des points de passage non-officiels de la frontière pour effectuer des rapatriements. Ces cas ne sont pas comptabilisés dans les données de l’organisation.
Le directeur adjoint du Sjm/Sfw, Michel Edouard Alcimé, déplore le fait que les autorités dominicaines ne respectent pas la clause prévoyant la cessation des rapatriements pendant la période d’exécution du Plan national de régulation des étrangers (Pnre), mis en œuvre par la République Dominicaine.
« Nous considérons ces rapatriements comme une alerte lancée par les autorités dominicaines », a-t-il fait savoir à AlterPresse.
Ces rapatriements sont effectués dans l’irrespect total des droits des ressortissants haïtiens, juge l’organisation. « Des familles sont divisées, des rapatriés sont arrêtés sur leur lieu de travail laissant derrière eux tous leurs biens », rapporte Michel Edouard Alcimé, parlant de « rapatriements arbitraires ».
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Au cours du mois d’avril 2015, beaucoup d’Haïtiennes et Haïtiens vivant en République Dominicaine ont plié bagages et sont retournés volontairement dans leur pays par crainte de représailles, selon ce qu’a pu constater AlterPresse.
Journalistes haïtiens et dominicains s'engagent pour la paix entre les deux peuples
Port-au-Prince, 10 mai 2015- (AHP)-Plus de 20 journalistes haïtiens et dominicains ont tenu cette fin de semaine à Port-au-Prince, une importante rencontre visant le renforcement des liens entre collègues et une contribution médiatique à la bonne convivialité entre les deux peuples.
L’initiative venue de la partie dominicaine a été bien accueillie côté haïtien, suite au constat de la dégradation des rapports haïtiano-dominicains avec la remontée de l’anti-haïtianisme dans la foulée de l’arrêt 168/13 du Tribunal Constitutionnel dominicain de septembre 2013 et les violents incidents qui ont marqué l’actualité binationale durant le mois de février 2015, dont la pendaison d'un jeune haïtien à Santiago de Los Caballeros et l'incendie d'un drapeau dominicain à Port-au-Prince.
Les délégations des deux pays étaient formées de journalistes seniors et de jeunes travailleurs de la presse dont des directeurs de médias et responsables d’associations du secteur médiatique. Entre autres, Venel Remarais, Président de l’Association des Medias Indépendants Haïtiens (AMIH) et Hérold Jean François, président de l’Association nationale des médias haïtiens (ANMH).
Parmi les journalistes dominicains, Juan Bolivar Diaz et Amelia Deschamps, deux des quatre qui ont été récemment accusés par des groupes ultra-nationalistes de « traitres à la patrie » en raison de leur position sur la question migratoire, notamment le droit à la nationalité des Dominicains d’origine haïtienne.
A également participé à la rencontre le journaliste bien connu Jean Michel Caroit, correspondant de Le Monde, qui réside en terre voisine.
Les participants ont admis que depuis les années 80 des efforts sont consentis pour un rapprochement entre les journalistes de l’île. Certaines initiatives n’ont pas fait long feu, mais d’autres ont porté leurs fruits dont la signature d’un accord entre Alter Presse et Espacio de comunicacion Insular en février 2007 pour une meilleure articulation de la diffusion de l’information insulaire.
La présente démarche vise à mettre sur pied des mécanismes plus larges et systématiques, en vue de contribuer à une meilleure connaissance réciproque de la réalité haïtiano-dominicaine et contrecarrer les manipulations qui tendent à créer une ambiance de confrontation entre les deux pays, selon la déclaration conjointe signée par les participants.
Une commission binationale a été créée avec pour mandat d’assurer le suivi des propositions retenues dont une prochaine session de travail, dans la capitale dominicaine.
En marge de l’activité, le uuotidien haïtien Le Nouvelliste a signé un accord avec le quotidien et agence multimedia Acento.com.
Par ailleurs, une chaine de télévision dominicaine établira bientôt un bureau à Port-au-Prince.
Cette première rencontre a reçu le support de chefs d’entreprises haïtiens et dominicains membres de l’« Initiative Quisqueya ».
De même, deux acteurs de la société civile ont été choisis comme témoins et possibles contributeurs à travers leurs ONG. Ce sont Suzy Castor, Directrice de la CRESFED et Edwin Paraison, Directeur exécutif de la Fondation Zile.
La coordination locale a été assurée par le journaliste Ives Marie Chanel, président de la Mediacom appuyée par Goston Pierre de Alter Presse/Media Alternatif.
Ramon Colombo et Fausto Rosario ont été les responsables pour la partie dominicaine.
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Jeudi, Pedro Medrano, le Coordinateur de la lutte contre le choléra en Haïti a révélé une nette augmentation des cas de choléra en Haïti, qui menace de remettre en cause les progrès accomplis ces dernières années dans la lutte contre la maladie « Malheureusement, par manque de fonds et à cause de la saison des pluies, nous sommes passés dans les six derniers mois de 1,000 nouveaux cas par mois à près de 1,000 cas par semaine, soit un total de 11,721 cas pour 113 décès recensés du 1er janvier au 28 mars 2015, » soulignant qu’avec le début de la saison pluvieuses en juin, le nombre des cas risques de s’accélérer, rappelant que de nombreuses ONG partenaires de l'ONU ont quitté le pays par manque de fonds et que le nombre de centres de traitement est passé de 250 en 2011 à 159 en 2014.
Il prédit plus de 50,000 nouveaux cas en 2015, alors que le nombre avait chuté de 60,000 en 2013 à 28,000 en 2014, son plus bas niveau depuis le début de l'épidémie en 2010.
M. Medrano déplore que pour la communauté des donateurs, ce n'est plus une priorité après quatre ans de lutte contre l’épidémie, insistant qu’il s’agit toujours d’une urgence, évoquant le risque d'une propagation à des pays voisins comme Cuba ou la République dominicaine...
Rappelons que l’ONU a lancé un programme de 2,2 milliards de dollars sur dix ans pour améliorer les infrastructures sanitaires du pays, mais les fonds manquent entretemps pour traiter les malades et prévenir de nouveaux cas. L’ONU veut vacciner 300,000 personnes cette année en Haïti, mais il lui manque encore 1,9 million de dollars. Au total, l'ONU a encore besoin de 36,5 millions de dollars en 2015, pour lutter contre l’épidémie en Haïti.
Cornelia Walther, la Cheffe de la communication de l'UNICEF en Haïti a indiqué que près d'un enfant sur deux de moins de cinq ans, souffrirait de malnutrition dans le pays. Précisant que les raisons pour lesquelles les enfants souffraient de malnutrition, vont de la pauvreté à la maladie en passant par des pratiques d'alimentation inadéquates, soulignant « Si un enfant ne reçoit pas suffisamment d'éléments nutritifs pendant les 1,000 premiers jours, le cerveau et le corps ne vont jamais se développer pleinement, ce qui aura des conséquences sur les performances à l'école et plus tard sur leurs capacités à générer des revenus », ce qui a un impact considérable sur le Produit Intérieur Brut (PIB)
Lire la suite : Près de 50% des enfants de moins de cinq ans en Haïti souffrent de malnutrition
"Mais il ne faut pas donner ces milliards au gouvernement: il va tout garder pour lui et nous, les malheureux, on n'aura rien comme d'habitude. Je veux que la France vienne construire des maisons pour nous, investisse tout cet argent dans des usines pour qu'on ait du travail", a-t-il ajouté, relayant les accusations de corruption formulées par les détracteurs de Michel Martelly.
François Hollande a effectué, par ailleurs, une visite accompagné de Michel Martelly au musée du Panthéon national haïtien.
Afin de renforcer les échanges économiques entre les deux pays, les chefs d'Etat devaient signer plusieurs accords dont l'un permettra au pays des Caraïbes d'exporter sa production de bananes bio vers le marché européen.
Preuve de la coopération humanitaire internationale à long terme, le chantier de reconstruction de l'hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti (HUEH) sera une étape majeure de la visite officielle. Le 12 janvier 2010, plus de la moitié du plus grand centre hospitalier d'Haïti a été détruite par le très fort séisme, 7.0 sur l'échelle de Richter, responsable de la mort de plus de 230.000 personnes en Haïti. La France et les Etats-Unis s'étaient engagés, suite à la catastrophe, à reconstruire l'établissement.
La venue en Haïti de François Hollande intervient à l'entrée du pays en campagne électorale. A cause d'une crise politique profonde entre Michel Martelly et l'opposition, aucune élection n'a pu être organisée depuis plus de trois ans. Et cet important retard a provoqué, l'arrêt complet du travail parlementaire il y a plus de quatre mois.