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À l’initiative du Bureau des Affaires publiques de l’Ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, plus d’une soixantaine de journalistes participent à un séminaire de formation de trois jours, autour de l’intelligence artificielle (IA), à l'hôtel Montana. Ce séminaire se déroule dans un contexte national marqué par de multiples défis, mais il illustre la volonté des professionnels de la presse de poursuivre leur formation et d’exceller dans leur métier.
Ce séminaire, consacré à l’intégration stratégique de l’IA générative dans le travail journalistique, suscite une réflexion profonde sur l’avenir du journalisme. Trois interventions majeures ont structuré cette rencontre.
Dr Joël Lorquet a ouvert les travaux en rappelant que le journalisme évolue dans un environnement où l’information circule instantanément et où chacun peut devenir diffuseur de contenus grâce aux technologies numériques. Toutefois, publier n’est pas informer.
Selon lui, l’intelligence artificielle représente une opportunité stratégique, à condition de garder le contrôle :
"L’intelligence artificielle ne remplace pas le journaliste. Elle agit comme un outil d’aide. Elle peut nous faire gagner du temps, mais elle ne peut remplacer ni notre jugement, ni notre sens de l’éthique, ni notre responsabilité."
Dr Lorquet a insisté sur la nécessité de maintenir le contrôle éditorial, de vérifier systématiquement les contenus générés et de préserver l’émotion humaine dans le traitement de l’information. Pour lui, l’IA doit renforcer le journaliste, jamais l’effacer.
Mme Amparo Garcia, Attachée de presse à l’Ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, a salué l’engagement des journalistes haïtiens à se former dans ce contexte particulier.
Elle a rappelé que l’intelligence artificielle n’est plus une technologie du futur, mais une réalité déjà intégrée dans de nombreux secteurs, y compris les médias. Elle a souligné que le soutien à la formation des journalistes vise à renforcer :La transparence; la responsabilité;
la démocratie ; la liberté de la presse.
"L’intelligence artificielle ne remplacera jamais votre jugement, votre intégrité et votre courage."
Son intervention a insisté sur l’importance d’utiliser ces outils de manière responsable et éthique, afin de préserver la crédibilité de la presse et la confiance du public.
Le dernier intervenant et l' animateur principal, Patrick Attié, ingénieur et spécialiste des technologies de l’information, a fait un exposé magistral pour aider les journalistes à comprendre la puissance et les limites de l’IA.
Il a expliqué que l’IA générative peut accomplir jusqu’à 80 ou 90 % du travail préparatoire dans certaines tâches rédactionnelles ou analytiques. Toutefois, les 10 % restants sont déterminants :La validation des faits; l’interprétation contextuelle; l’esprit critique et l’éthique professionnelle.
Il a également abordé les biais algorithmiques, rappelant que les systèmes d’IA sont entraînés sur des données pouvant contenir des biais culturels, idéologiques ou sociaux. D’où l’importance d’une vigilance constante.
Selon lui, l’objectif n’est pas de remplacer le journaliste, mais de pratiquer un journalisme augmenté, capable d’exploiter la technologie tout en conservant une supervision humaine rigoureuse.Une responsabilité renouvelée
Au terme de ces interventions, un message clair s’impose : l’intelligence artificielle est un outil puissant, mais la crédibilité repose toujours sur l’humain.
Dans un monde où la désinformation circule rapidement et où les manipulations numériques deviennent de plus en plus sophistiquées, le rôle du journaliste est plus stratégique que jamais.