Par Philippe R. Girard
Pages 54 à 79
Histoire de France
Études nord-américaines
Histoire des Caraïbes
L’article examine l’utilisation de chiens de combat pendant l’expédition Leclerc-Rochambeau en Haïti (1802- 1803), un épisode souvent mentionné dans les livres sur la Révolution Haïtienne mais rarement étudié de manière systématique. Les chiens, achetés à Cuba par Louis de Noailles après une première demande par le capitaine général Victoire Leclerc, auraient dû théoriquement aider les Français à réprimer l’insurrection, mais leur utilité s’avéra limitée sur le plan militaire. Ils ne furent employés que trois fois au combat et furent à chaque fois inutiles voire même dangereux. Contrairement à ce qui est souvent écrit, l’utilisation des chiens comme arme psychologique sous Donatien de Rochambeau fut un échec. Même les exemples de chiens dévorant des prisonniers ne parvinrent pas à diminuer l’ardeur des futurs citoyens haïtiens ; au contraire, ces atrocités incitèrent les personnes de couleur à déserter ou à se venger. L’importance historique des chiens de combat est donc d’ordre mémoriel, en tant que symboles des horreurs de l’impérialisme contre le droit d’Haïti à l’auto-détermination.
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