MIAMI, 22 Mars – Cérémonie hommage à Jesse Jackson par la communauté haïtienne de Miami le samedi 21 mars écoulé ; le célèbre leader de la lutte pour les droits civiques et grand défenseur de la diaspora haïtienne ainsi que d’Haïti, qui est décédé le 27 février dernier à l’âge de 84 ans …
Un petit groupe dans la communauté haïtienne de Miami a compris qu’il était juste de lui rendre hommage pour son apport à la lutte pour faire admettre officiellement la présence haïtienne aux Etats-Unis …
Et plus tard aussi dans la libération d’Haïti des griffes de la dictature.
Je me souviens de l’enthousiasme autour de ce véritable débarquement dans les années 1980 à Miami du leader de la ‘Rainbow coalition’ (coalition arc-en-ciel) l’un des surnoms de la lutte pour rassembler toutes les races : blancs, noirs enfin tous - dans une même cause : ‘vive la solidarité des peuples libres’ …
Le maitre de cérémonie s’appelait Père Gérard Jean Juste, directeur du Centre des Réfugiés Haïtiens, et lui aussi ce qu’on appelle une foudre de guerre.
Mot d’ordre : on devait porter une cocarde rouge.
‘A red ribbon’ …
Et quand Jesse Jackson s’écria : ‘And I will wear my red ribbon’ pour dire que c’est une lutte qui n’a pas de frontières, aujourd’hui c’est la libération de nos frères haïtiens des griffes de l’immigration mais notre but demain c’est la solidarité de tous les peuples, ma foi on se sentait transporté ce jour-là par un immense sentiment d’espoir ainsi que de fierté.
Cependant est-ce que cet objectif a été atteint aujourd’hui ? C’est aussi une question que nous nous sommes posés après la cérémonie de ce samedi au ‘Centre Père Gérard Jean Juste’. Un public ni trop peu, ni trop nombreux. Et surtout dans sa grande majorité les mêmes qui avaient participé à la cérémonie dans les années 1980 que nous venons d’évoquer. Où sont nos enfants ? Et petits enfants ? ‘Let Freedom ring’ (répandez l’esprit de liberté pour tous) … oui mais si ce n’est pas de génération en génération qu’en restera-il après nous ?
Alors que les fils et filles de cette génération (d’autres diraient : la génération perdue !), et à l’intérieur même de notre communauté, sont aujourd’hui encore mieux armés que nous autres à l’époque pour porter cette flamme tout à fait ‘olympique’ : médecins, ingénieurs, avocats, oui avocats et faut-il espérer parmi eux quelques défenseurs de la veuve et de l’orphelin !!!
En tout cas tout cela c’est une raison de plus pour féliciter la petite équipe qui a organisé la très émouvante cérémonie de ce samedi 21 mars au ‘Centre Père Gérard Jean-Juste’, sur la 6e Avenue de Miami …
Nous ne pourrions les mentionner tous mais avec toutes et tous la même passion qu’hier chez ceux qui avaient organisé la visite historique du leader des droits civiques dans les années 1980 à Little-Haïti.
Il semble qu’en tête de l’initiative on doive inscrire Abel Jean Simon avec en première ligne la Commissionnaire Marleine Bastien, Père Bazin, Jacques Despinosse et autres tous reconnus pour leur profond engagement dans l’action communautaire mais aussi une forte présence dans la salle des simples militants et militantes d’hier et toujours animés du même esprit frondeur tel une ‘Farah Anacaona’ (Farah Juste) ‘lè la ibere Ayiiti va bèl’) – finalement avec quand même aussi quelques jeunes espoirs mais trop peu pour assurer que le bon grain ne sera pas totalement perdu …
Importante participation aussi de leaders communautaires afro-américains qui ont défilé sur l’estrade avec leurs homologues haïtiens … cependant on peut regretter que l’un des objectifs de Jesse Jackson et qui était probablement aussi un plus grand rapprochement de ces deux communautés (haïtienne et afro-américaine) n’ait pas été atteint lui non plus.
Et c’est toujours parce que nos jeunes ne jouent pas leur partition quand vient leur tour. Alors que nous avons dans le pays d’accueil maints exemples positifs comme les communautés juive ou hispanique ...
Pour finir espérons qu’il n’est pas trop tard. Et aussi que la politique de l’administration américaine actuelle ait justement pour résultat de forcer qui sait, à un plus grand engagement envers sa propre communauté !
Touchons du bois !
Marcus Garcia, Haïti en Marche, 22 mars 2026