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Plusieurs organisations de droits humains souhaitent une conférence nationale pour une issue à l’impasse politique

 

P-au-P, 26 oct. 2017 [AlterPresse] --- Plusieurs organisations de droits humains [1] plaident en faveur d’une conférence nationale dans le cadre d’une dynamique de construction d’un Etat de droit en Haïti, dans une note datée du mardi 24 octobre 2017, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

L’un des préalables pour un « dialogue national » est de résoudre les irritants. La réalisation de ce vrai dialogue est nécessaire pour « démarrer » le pays sur de nouvelles bases, soulignent ces organisations.

Elles appellent la présidence à envoyer le signal en vue de réaliser le dialogue nécessaire à « la construction d’un vrai État, où chaque homme, chaque femme et chaque enfant se sentiront chez eux ».

Sa volonté doit aussi se traduire à partir d’un engagement historique pour résoudre les irritants. « Ceux-ci sont, entre autres, la formation du Cep permanent et du Conseil constitutionnel, la rectification du budget ».

30 ans après, ces organisations constatent que la situation sociopolitique et économique du pays est devenue de plus en plus préoccupante, les conditions de vie alarmantes, l’accès aux services sociaux de base quasiment inexistant.

« Le pays vit encore dans l’instabilité politique et les manifestations de l’opposition se soldent par des violences d’une extrême gravité, soit en raison du comportement des manifestants ou de celui de la Police national d’Haïti (Pnh). De février 1993 à octobre 2017, neuf (9) missions onusiennes se sont succédé en Haïti », déplorent-elles.

Des mobilisations se poursuivent dans le pays contre le pouvoir en place depuis le vote et l’application du budget 2017-2018 controversé.

Les manifestations de l’opposition organisées les mardi 17 et 24 octobre 2017 pour réclamer le retrait de la loi de finances et le départ du président Jovenel Moïse, ont été la cible d’attaques violentes d’individus non identifiés.

Ces organisations exhortent le président à affirmer sa bonne foi, en tenant compte des exigences de l’opposition qui, pour sa part, doit assumer ses responsabilités historiques.

« L’opposition a pour devoir de prouver sa bonne foi ». Ainsi, elle doit, de façon expresse, se montrer prête à observer une période de trêve qui serait un acte objectif et mesurable, suggèrent-elles.

Pour lancer officiellement le processus, elles encouragent le président à inviter les secteurs politique, économique et social, avec un agenda clairement établi, pour discuter sur les mécanismes à mettre en place afin de jeter les bases nécessaires y relatives.

Une structure, reflétant toutes les tendances, devrait également être officiellement créée par arrêté présidentiel pour mener à bien ce premier travail. [jep emb gp apr 26/10/2017 10 :00]

[1] Le Centre d’analyse et de recherche en droits humains (Cardh), le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), la Commission épiscopale nationale justice et paix de l’église catholique romaine (Ce-Jilap) et la Plateforme des organisations haïtiennes de droits humains (Pohdh).