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Economie : Des organisations déplorent la faiblesse de l’État face aux agissements des compagnies pétrolières

P-au-P, 6 juil. 2017 [AlterPresse] --- Plusieurs organisations, notamment de droits humains, déplorent la faiblesse de l'État haïtien face aux agissements des compagnies pétrolières en Haïti, dans des interviews accordées à l'agence en ligne AlterPresse.
Elles appellent le gouvernement à prendre ses responsabilités dans la mésentente qui l'oppose aux trois principales compagnies pétrolières du pays, suite à une importation irrégulière de produits pétroliers, effectuée sans passer par l'État haïtien via le Bureau de monétisation des programmes d'aide au développement (Bmpap).
Les directeurs des trois principales compagnies de distribution de produits pétroliers, à savoir Sol, Dinasa et Total sur le marché local ont fait l'objet de mandats d'amener pour avoir introduit, de manière frauduleuse, des produits pétroliers sur le territoire national.
« Il faut que la force reste à la loi », affirme Rosny Desroches, directeur exécutif de l'Initiative de la société civile (Isc), joint au téléphone par AlterPresse.
S'il y a une loi qui prévoit que toute commande de carburant doit exclusivement passer par le Bmpad, elle doit être respectée, soutient-il.
Il exhorte l'État à déterminer si l'action posée par ces compagnies est le fruit d'une volonté délibérée d'ignorer l'autorité de l'État.
Si tel est le cas, il encourage à sanctionner les contrevenants avec la dernière rigueur.
Toutefois, il dit souhaiter que l'État haïtien et les compagnies pétrolières trouvent des arrangements, en ce qui concerne la gestion du carburant.
Le malentendu existant entre l'État haïtien et le secteur privé des affaires en rapport surtout aux produits pétroliers est le résultat de la faiblesse du gouvernement, souligne, pour sa part, le co-directeur du Collectif Défenseur Plus, Antonal Mortimé.
Il faut, dit-il, un modus operandi pour gérer la situation.
Toutes celles et tous ceux ayant enfreint la loi doivent être sanctionnés sans qu'il n'y ait d'abus d'autorité et injustice, souhaite-t-il.
« C'est l'État haïtien qui a créé ce problème, c'est à lui de le résoudre », tranche de son côté, le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), Pierre Espérance.
Le Bmpad est la seule institution ayant le monopole pour passer des commandes de carburant. Mais, il doit le faire dans la transparence par des appels d'offres. Le fait par le bureau de ne l'avoir pas fait ainsi a amené à cette mésentente, déclare-t-il.
Le Rnddh rappelle qu'une compagnie n'a pas le droit de passer des commandes de gaz sans l'aval de l'État haïtien.
Les autorités qui ne sont pas à la hauteur de leur tâche rendraient le dossier compliqué.
Par rapport aux craintes persistantes d'indisponibilité du pétrole dans le pays, le ministre de l'Économie et des finances (Mef), Jude Alix Patrick Salomon, a affirmé au journal Le Nouvelliste qu'n'y aura pas de rareté de carburant sur le marché local.