Une grève du transport en commun ferme totalement la capitale haïtienne le lundi 18 septembre 2017 (Alterpresse) Une grève du transport en commun ferme totalement la capitale haïtienne le lundi 18 septembre 2017 (Alterpresse)  

Leçons d’une grève de transport réussie


PORT-AU-PRINCE, 18 Septembre – La grève du transport en commun du lundi 18 septembre a réussi pratiquement d'une manière totale.
Jusqu'à la tombée de la nuit les rues de la capitale sont demeurées vides. Pas de taxis, ni de tap taps, pas de taxi-motos non plus.
Pas de piétons, pas d'élèves, pas de petites marchandes, presque personne dans les rues. Même les chiens étaient rentrés.
Est-ce pour démentir l'argument du pouvoir que ce soit l'oeuvre de fauteurs de troubles et que c'est sous la menace de violences que toute cette critique contre le budget qui vient d'être voté au parlement et que les protestataires appellent le président Jovenel Moïse à ne pas mettre en application.
Pour commencer, la quasi adhésion à la grève (grève avertissement, selon les syndicats du transport) de la part du grand public dément et démonte automatiquement la thèse violences défendue par le gouvernement, puisque aucune violence n'a été constatée ce lundi comme la Police nationale peut elle-même le certifier puisque les cars de la police étaient partout dans les rues.
Il y avait plus de policiers ce lundi dans les rues, si l'on peut dire, que de citoyens.
C'est au gouvernement d'en tirer les conclusions puisque son argument principal tombe (même s'il ne le reconnaîtra pas), la violence n'ayant pas eu à intervenir pour contraindre les gens à rester chez eux.
Mais il y a plus : les employés de l'Etat eux aussi n'ont pas fait le déplacement ce lundi, planqués également chez eux.
Or si ce n'est pas qu'ils ont adhéré également à la grève, il ne resterait que la violence comme explication.
Or voilà, les bureaux de l'Etat ont chômé eux aussi, même si c'est pas officiellement....


Le cauchemar aujourd'hui de nos maires

PORT-AU-PRINCE, 12 Mai – Devant la levée de boucliers pour débarrasser les rues du centre-ville (Port-au-Prince, Pétionville, Tabarre, Delmas, Cap-Haïtien etc) des foules de petits marchands qui les occupent, il n'est pas de trop de faire un peu l'histoire de cette migration devenue aujourd'hui si embarrassante et que les maires élus essaient de limiter autant que possible. Avec le consentement de leurs administrés.
Ce ne sont pas des miséreux qui ont décidé d'un seul coup par eux-mêmes de descendre sur la ville et d'en prendre possession. A la barbe des natifs.
Cette migration a une histoire et qui ne se limite pas seulement à la crise économique actuelle.
Exception faite des taxi-motos dont les conducteurs, pour la plupart des jeunes gens de la campagne proche, nous font tant de misères autant par leur insouciance vis à vis des règlements (s'il en existe !) de la circulation que par leur grossièreté.
Qui ne connaît ce titre qui a fait fortune dans les années 1960 : 'les villes tentaculaires et les campagnes délaissées.'
C'est tout à fait ce que nous vivons : le pays a tourné le dos à sa production agricole ; abandonné à lui-même, à la maladie et à l'analphabétisme, le paysan n'a d'autre alternative que tenter sa chance dans la ville la plus proche : notamment Port-au-Prince, Cap-Haïtien, Gonaïves.
D'ailleurs ce n'est qu'un 'stop-over' (un lieu de transit) avant de partir 'pour le Chili' (expression utilisée aujourd'hui pour dire migration illégale, tout comme on disait jadis 'pran kanntè' quand le voyage se faisait par voilier en direction de Miami ou des Bahamas) - mais depuis le séisme de janvier 2010 et que le Brésil a accepté de recevoir nos réfugiés - les Haïtiens ont commencé à arpenter aussi le continent sud-américain : après le Brésil, c'est aujourd'hui le Chili, le Mexique etc.


Mais jusque dans les années 1950, les jeunes Haïtiens ne laissaient guère leur pays que pour aller entreprendre des études à l'étranger. D'ailleurs les universités haïtiennes avaient l'équivalence avec les centres correspondants à l'étranger.
La migration ne concernait que les populations paysannes. Et d'ailleurs uniquement dans certaines régions.
De plus les gens ne partaient pas d'eux-mêmes - mais sur invitation. Ainsi la grande émigration vers Cuba a été initiée par l'occupant américain (1915-1934) dans la répartition par ce dernier de ses différents types d'intérêts dans la région.
Pour Cuba et la République dominicaine la grande entreprise agricole. Pour Haïti, le réservoir en main d'œuvre.


Ce sont surtout les familles haïtiennes du département du Sud (chef lieu, les Cayes) qui partent pour la province cubaine de l'Oriente (ville principale, Santiago) qui devient le haut lieu de la production sucrière cubaine exportée presque exclusivement aux Etats-Unis. Du moins jusqu'à l'arrivée de Fidel Castro (1959).
Tandis que le deuxième royaume sucrier de la région, la République dominicaine, s'alimente en main d'œuvre dans nos populations proches de nos frontières communes, y compris le Sud Est par Anse à Pitre (les Pédernales).
A Haïti, il reste le café, production de montagne (pour un pays de montagne).
Mais café qui, comme on sait, de plus en plus perd du terrain (c'est le cas de dire) avec la déforestation.
Déforestation qui veut dire (entre parenthèses) que le café déjà n'arrivait plus à faire vivre toute la zone située dans sa dépendance.
Surpopulation aidant.
Tout est dans tout !
Cependant jusque dans les années 1950, deux sources alimentent le budget public haïtien : les exportations de café ... et le tourisme. Avec l'Exposition à succès (1949) du bicentenaire de la fondation de la ville de Port-au-Prince (événement désigné couramment sous les noms de Cité de l'Exposition ou de Bicentenaire), le tourisme haïtien vient en tête dans la Caraïbe, à l'exception de Cuba.
La capitale haïtienne est jusque-là une ville de pas plus de 300 mille habitants.
Aujourd'hui, elle en abrite plus de 3 millions. Et pour une superficie encore moindre depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a détruit tout le centre-ville.
Ce qui nous ramène à notre sujet : d'où viennent ces 'importuns' si ardemment pourchassés aujourd'hui par nos conseils municipaux ?
Deux moments historiques à signaler.
En 1957, François Duvalier (Papa Doc) est élu président de la république.
Mais ce sont des élections arrangées par les forces armées. Et l'élu n'a aucune popularité à la capitale, Port-au-Prince.
Si tant est que pour ne pas se faire ridiculiser, le nouveau pouvoir est obligé de faire convoyer par camions entiers des paysans d'un peu partout, et par la contrainte.
Beaucoup d'entre eux ne sont pas ramenés dans leur patelin. Et se retrouvent des jours plus tard à errer dans les rues. Gamins, on allait leur envoyer des pierres. 'Rentrez chez vous !'
On n'est pas sérieux à cet âge ! De plus l'âge de raison était moins précoce qu'aujourd'hui. Nécessité oblige !
Ce sont ceux-là qui vont commencer à peupler les collines autour de la capitale (côté ouest et sud), aujourd'hui totalement bidonvillisées.
Là où l'on allait pendant les vacances, faire la chasse aux papillons.
Malgré tout ce n'est pas encore la vraie grande migration. Ni celle dont nous vivons aujourd'hui les conséquences.
On est toujours sous la dictature mais Duvalier fils arrive aux commandes à la mort de son père, en 1971.
Washington a tenu le nouveau régime sur les fonts baptismaux et Haïti revient dans l'orbite économique des Etats-Unis.
Particularité : la main d'œuvre la moins chère de la région. Ce sera donc la capitale régionale des industries d'assemblage, couramment dénommées chez nous : 'factories.'
Haïti gagne le grand prix pour la fabrication des balles de baseball.
Mais où trouver la main d'œuvre parce que le Port-au-Princien de ce temps-là tiquait devant la notion même de 'salaire minimum' qu'il considérait comme une insulte ?
Alors les Etats-Unis se souvinrent que c'est eux qui dans les années 1920 avaient convaincu l'Haïtien à aller couper la canne à Cuba ...
La même machine de propagande se remit en marche mais cette fois pour converger la main d'œuvre vers la capitale même du pays : le parc industriel de Port-au-Prince.
Cependant la dictature Duvalier y vit tout de suite une menace à la sécurité publique. Décision fut prise alors de créer une sorte de cité-dortoir. C'est Cité Soleil (ci-devant Cité Simone Duvalier), notre grand bidonville universellement connu, où les ouvriers et ouvrières se retrouvaient enfermés dès qu'ils avaient franchi la porte de la factory.
Argument utilisé par cette campagne américaine de 'public relations' pour faire descendre le paysan de ses montagnes : 'votre lopin de terre est fatigué, laissez le se reposer pendant quelque temps pendant que vous gagnerez en ville des moyens pour augmenter plus tard votre propriété.'
Le parc industriel de Port-au-Prince devint vite en effet débordant d'activités.
Mais l'histoire eut une fin brutale. En 1986, la dictature s'écroula. Les murailles qui isolaient Cité Soleil du reste de la capitale, tombèrent aussi. L'insécurité entre alors dans nos moeurs. Les meurtres dans les rues sont depuis quotidiens. Et la police nationale n'y voit que du feu. Aujourd'hui comme hier.
Mais ce n'est pas tout. En 1991, les Etats-Unis, en guise de protestation contre le coup d'Etat qui renversa le président élu Aristide (et dont on a peine à les considérer comme ayant été totalement innocents), firent voter aux Nations Unies un embargo commercial contre Haïti tant que les militaires n'auraient rendu le pouvoir qu'ils ont usurpé.
Le Parc industriel de Port-au-Prince se vida d'un seul coup. Ainsi soit-il.
Seules nous restent nos populations descendues des montagnes. Et qui ne peuvent plus repartir ... parce que la terre d'où elles étaient venues est encore plus inhospitalière qu'avant.
Le dernier coup, parce que jamais deux sans trois, c'est l'arrivée en force du riz de Miami et des importations de la République dominicaine voisine qui comblent les besoins que remplissait la production agricole nationale.
Mais sans création d'emplois, comment doivent faire nos besogneux pour survivre, monsieur le maire ?

Marcus - Haïti en Marche, 12 mai 2017

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