Publié le 2020-10-28 | Le Nouvelliste
La photo a fait le tour des réseaux sociaux. Des magasins de la capitale américaine ont entrepris de se protéger en prévision de possibles troubles violents après les élections du 3 novembre prochain. Des commerçants se barricadent à Washington ils craignent que leurs entreprises soient vandalisées, pillées ou brûlées.


Ces élections doivent départager Donald Trump et Joseph Biden. Le premier, homme d’affaires, figure iconique des médias américains, est le président en fonction depuis 2016. Le second, est sénateur depuis 1973 avant de devenir pendant huit ans vice-président de Barak Obama.
Dans une lecture normale, ce sont deux membres éminents de l’establishment américain qui s’affrontent. Il n’y a parmi eux aucun révolutionnaire, aucun ennemi radical de l’ordre établi ni aucun empêcheur de tourner en rond.
En temps normal, ces deux septuagénaires ne devaient inspirer que sourires polis et compliments pour leur courage. Briguer le poste le plus difficile au monde demande beaucoup de qualités.
Et pourtant, l’Amérique a peur, le monde aussi.
Si l’homme d’affaires Donald Trump décroche un deuxième mandat, on se demande de quelle manière il va se prendre pour bousculer le monde et la société américaine. En quatre ans, il a ignoré les convenances et tracé son propre chemin à coups de tweets.
Si Joe Biden est élu, certains craignent les représailles des partisans les plus excités de Trump et des affrontements. Il y a aussi beaucoup d’incertitudes sur comment Biden va gouverner les États-Unis d’Amérique qui ont pris un tournant avec Trump en quatre ans.
Plus que le temps de la gouvernance, c’est déjà le temps compris entre la promulgation des résultats jusqu'à la prestation de serment qui inquiète. Que va-t-il se passer à partir du 3 novembre si aucun des candidats ne remporte l’élection avec une marge confortable pour asseoir une victoire sans appel ?
Est-ce devant les tribunaux, État par État, à tous les échelons, pour finir devant la Cour suprême que les contestations vont être jugées ? Le prochain président américain sera-t-il connu après des résultats proclamés ou émergera-t-il d’une décision de justice ?
La dernière fois que des candidats de l’élection aux États-Unis ont été jusque devant la Cour suprême pour se départager, c’était en 2000.
La bataille entre George W. Bush et Al Gore était dure mais policée. Un fils de président et ancien gouverneur affrontait alors un ancien sénateur et vice-président sortant. Les avocats avaient fait le travail. Le peuple était resté devant les émissions de nouvelles.
Vingt ans plus tard, les partisans des deux camps sont déjà dans les rues bien avant le scrutin. Ils sont chauffés à blanc. Armés pour certains d'entre eux. Les réseaux sociaux ont pris beaucoup de la place des médias traditionnels.
Et le président en poste, candidat à sa propre réélection, dénonce à l’avance des fraudes électorales.
Le décor est planté pour que les États-Unis connaissent des élections contestées et un résultat disputé.
Les élections américaines suivront-elles le scénario d’élections haïtiennes en 2020 ? Tout le laisse croire.
Ce ne sera ni l’Organisation des Nations unies, ni l’Organisation des États américains (OEA), ni aucun État ami qui mettra tout son poids dans la balance pour décider du vainqueur.
Sauf si un jour on découvre qu’une puissance avait orienté le jeu électoral par des manipulations informatiques…